UN ARC-EN-CIEL​ EN PLEINE NUIT: JACQUELINE LAMBA

Overview

L’art, la poésie, c’est le précipité de la beauté dans l’émotion. (Jacqueline Lamba)  

 

Les formes vont et viennent, naissent, disparaissent et resurgissent parfois, après des années ou des siècles, pour s’évanouir à nouveau, fatalement. Nous naviguons sans cesse entre découverte et redécouverte, innovation et rénovation, si l’on peut dissocier ces deux notions.

 

Face à cette impermanence, peut-être ne faut-il pas se demander ce que doivent être les formes – ce que devrait être l’art – mais plutôt quelles sont les recherches qui nous rejoignent dans notre contemporanéité, et quelles sont celles auxquelles nous souhaitons consacrer du temps. À ces questions, notre réalité contemporaine – la mienne en tout cas, c’est là d’où je parle – tend à nous pousser vers les artistes en lutte, les formes qui tordent nos imaginaires pour en laisser apparaître de nouveaux, qui déconstruisent pour mieux ouvrir, qui permettent d’autres perspectives. Dans ce contexte, que nous apporte la redécouverte de l’œuvre de Jacqueline Lamba ? Sur quel horizon débouchent ses ciels de lumière et de couleurs ? Ses besoins de poésie, de beauté et d’extase ? Le premier regard y verra peut-être des (d)ébats esthétiques superflus, mais il faut aller plus loin.

 

L’ombre n’existe pas, elle est déjà la lumière. (JL)

 

Loin des ombres qui, à trop les fixer, occultent notre regard jusqu’à même l’aveugler, la peinture de Jacqueline Lamba s’attache à la lumière, à la transparence, au mouvement imperceptible – cet invisible qui régit notre environnement et nous le donne à voir magnifié. À travers ses peintures nous apprenons à voir, avant même d’apprendre à voir mieux. Nous apprenons à voir et donc à être au monde, pour mieux l’habiter peut-être.

Au cœur de l’asphyxie ambiante, des luttes qui constamment nous mettent en apnée, les œuvres de Jacqueline Lamba fonctionnent comme des respirations. Loin du luxe et de la superficialité, elles sont un remède à la suffocation.

 

Je reste encore quelques jours dans ce radeau avec les nuages comme compagnie. (JL)

 

Grégoire Prangé

Paris, mars 2022

 


Art, poetry, is the precipitation of beauty into emotion. (Jacqueline Lamba)

 

Shapes come and go, are born, disappear and sometimes re-emerge, after years or centuries, only to vanish again, inevitably. We are constantly navigating between discovery and rediscovery, innovation and renovation, if we can separate these two notions.

 

Faced with this impermanence, perhaps we shouldn't be asking ourselves what the forms should be - what art should be - but rather what research resonates with us in our contemporaneity, and what research we wish to devote time to. In response to these questions, our contemporary reality - mine at least, that's where I'm coming from - tends to push us towards artists in struggle, towards shapes that twist our imaginations to reveal new ones, that deconstruct to better open up, that allow other perspectives. In this context, what does the rediscovery of Jacqueline Lamba's work offer us? Where do her skies of light and colour lead? Her need for poetry, beauty and ecstasy? At first glance, you may see superfluous aesthetic « (d)ébats », but you need to go further. 

 

The shadow does not exist, it is already the light. (JL) 

 

Jacqueline Lamba's paintings focus on light, transparency and imperceptible movement - the invisible that governs our environment and magnifies it for us to see. Through her paintings we learn to see, even before we learn to see better. We learn to see, and therefore to be in the world, perhaps to live in it better.

At the heart of the ambient asphyxia, of the struggles that constantly leave us breathless, Jacqueline Lamba's works function like breaths. Far from luxury and superficiality, they are a remedy for suffocation.

 

I'm staying on this raft for a few more days, with the clouds for company. (JL)

 

Grégoire Prangé
Paris, March 2022

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