Biographie

« La démarche de Mathilde Rosier trouve son point de départ dans sa décision qui l’a amenée à se retirer au cœur d’un environnement rural devenu le sujet central de son œuvre depuis une vingtaine d’années. Dans la première phase de sa recherche, l’artiste s’est appuyée sur l’histoire de la psychologie et sur l’hypothèse qui situe dans l’inconscient la seule proximité authentique avec la nature, une survivance de l’état sauvage en contraste avec le moi conscient et civilisé. Depuis quelques années, ces représentations d’une nature domestiquée trouvent leur prolongement dans une nouvelle série où bourgeonnent des corps hybrides aux membres végétaux, ces images évoquent à la fois l’expérience mentale de dissolution dans le vivant à laquelle se soumet l’artiste, l’intensité du lien à son environnement, et celle qu’induisent les modalités de l’agriculture industrielle ; la parenté immédiate de la plante et de l’humain et l’exploitation intensive de l’une par l’autre. S’il pouvait être question dans les précédents travaux de communier avec le monde, il s’agit ici de faire corps avec lui.

 

Qu’il soit traité sous forme de peintures, de dessins, d’assemblages, de films, de costumes ou de performances, ce thème continu s’exprime dans une veine qui peut rappeler l’art des symbolistes, l’art décoratif des théâtres ou des ballets, voire les ornements typiques de certaines œuvres aborigènes. Mais il y aurait un contresens à penser que ces images renvoient à autre chose qu’elles-mêmes. Elles témoignent au contraire d’un « art de l’attention », pour employer la formule d’Estelle Zhong Mengual à propos de certaines femmes naturalistes du XIXe siècle, qui considère la nature comme un sujet et qui en célèbre la proximité retrouvée. »

 

— Extrait du texte de Thierry Leviez pour le prix Aware 

 

Mathilde Rosier est née à Paris en 1973. Elle vit et travaille en Bourgogne et à Bâle, en Suisse. Elle est professeure à la Fachhochschule Nordwestschweiz de Bâle. Elle a étudié aux Beaux-Arts de Paris après un master en économie à l’université Paris-Dauphine, puis a été résidente à la Rijksakademie à Amsterdam en 2002 et à The International Studio & Curatorial Program (ISCP) à New York en 2006.

Les présentations personnelles de son travail incluent le Camden Art Centre, Londres ; Musée Abteiberg, Mönchengladbach ; Galeries Serpentine, Londres ; Jeu de Paume, Paris ; Madre Museum, Naples, MASP, Sao Paulo, Fondation Pernod Ricard, Paris ainsi qu'une commande in situ pour le CCR du Mucem à Marseille.

Son travail est present dans les collections publiques et privees telles que FRAC Méca Bordeaux, Musée d’Art Moderne et Contemporain Strasbourg , CIRVA Marseille, Castello di Rivoli, Turin, IT, Museo MADRE Donnaregina Contemporary Art Museum, Naples, IT, Museum Abteiberg, Mönchengladbach, DE, Center for Curatorial Studies Hessel Collection Bard, NY, US, Cnap, Paris, FR, Kadist Art Foundation, Paris, FR, Julia Stoschek Collection, Düsseldorf, DE, UBS Art Collection, Zurich, CH, Fondazione Cassa di Risparmio di Cuneo, IT, Nicoletta Fiorucci Foundation, London, UK, MUCEM, Marseille, FR, Kunsthalle Hambourg , DE, Fond Art Contemporain-Paris FR, Kunstpalais Erlangen DE, Deutsche Bank Frankfurt , DE, Deutsche Bank London, UK.

 

Œuvres
  • MATHILDE ROSIER, Nos corps électriques dans les champs magnétiques, 2024
    Nos corps électriques dans les champs magnétiques, 2024
  • MATHILDE ROSIER, Nos corps électriques dans les champs magnétiques, 2024
    Nos corps électriques dans les champs magnétiques, 2024
  • MATHILDE ROSIER, Nos corps électriques dans les champs magnétiques, 2024
    Nos corps électriques dans les champs magnétiques, 2024
  • MATHILDE ROSIER, Paysage avec vecteurs 1, 2024
    Paysage avec vecteurs 1, 2024
  • MATHILDE ROSIER, Song Field, 2024
    Song Field, 2024
Vidéo
Expositions
Foires