(A propos de «A bout de bras»)

L’entreprise en général, y compris — en l’occurrence — l’entreprise artistique d’un peintre, est un lieu sensible de l’articulation entre valeur individuelle et richesse collective. De la capacité d’invention au plaisir de la coopération, l’enjeu d’A bout de bras n’est rien moins que de « faire art comme on fait société » : ensemble et en conjuguant les distinctions, qu’elles soient naturelles — la taille de chaque individu — ou culturelles — la différence entre peintre en bâtiment et peintre conceptuel.

Là où l’application inachevée d’une couche de fond sur le support est souvent le moyen pour l’artiste de créer un « sous format » pour mieux agir à l’intérieur du tableau, l’intervention fait ici naître un « sur format » ouvrant sur l’extérieur... l’architecture du bâtiment, le site de l’usine, le personnel de l’entreprise, le monde avec lequel elle interagit.

Outre sa dimension formelle (la trace dans la peinture abstraite gestuelle et la question du recouvrement dans l’art contemporain), son contenu intellectuel (la mesure en rapport avec la dimension particulière du corps au bras levé ou la délégation de la réalisation selon un protocole circonstancié), le travail d’Hugo Capron mis en œuvre — et quelle belle œuvre ! — chez Adhex, est un activateur de l’agir et du regard. Sa présence esthétique dans la lumière atmosphérique changeante, tout comme son intégration au cœur même des activités ou usages de son environnement industriel, doivent être compris comme la récompense d’un processus associatif qui jamais n’a perdu de vue sa finalité artistique.

Xavier Douroux Le Consortium, Dijon 

HUGO

CAPRON