Présentation
Dès son adolescence, Madeleine Dinès (1906-1996) ressent un profond désir de peindre. Après une licence en Psychologie et Sociologie, et bien qu’en conflit avec le catholicisme strict de son père, le peintre Nabi Maurice Denis, elle rejoint ses ateliers d’art sacré et se forme à la peinture. Dès les années 1920, elle s’émancipe en signant ses premières œuvres du pseudonyme anagramme «Dinès » et poursuit sa formation à la Grande Chaumière, à l’Académie Ranson et au Bateau-Lavoir. Athée, elle rejette les normes religieuses et se demande si l’art ne représente pas une forme de défiance envers une autorité divine.
 
En 1934, elle épouse le poète Jean Follain, avec qui elle mène une relation indépendante et originale. 
 
Malgré son audace, l’émancipation de Madeleine Follain-Denis dite Dinès reste complexe, partagée entre la célébrité de son père et celle émergente de son mari. Pour affirmer son identité, elle se consacre à une œuvre picturale intime et introspective.
Loin des thèmes spirituels et mythologiques chers à son père, mais aussi des grandes avant-gardes de son époque comme le surréalisme dont elle se tient en retrait, bien qu’étant proches des artistes de son époque, Madeleine Dinès, s’engage dans une exploration plus réaliste de la vie quotidienne, tout en insufflant à ses œuvres une étrange poésie, une inquiétante étrangeté. 
 
De la nature morte à l’autoportrait, en passant par les paysages de campagne et les scènes d’intérieur, elle explore avec subtilité les multiples facettes d’un quotidien imprégné de mystère et de mélancolie où chaque élément semble chargé d’une histoire personnelle.
 
Ses intérieurs, parfois déserts, conservent la mémoire d’une présence humaine qui viendrait de quitter la pièce. Dans Le lit défait aux pantoufles rouges, la trace de l’occupant se devine par l’empreinte laissée dans l’oreiller, les draps froissés et les pantoufles abandonnées. De même, dans Le lit vide, l’oreiller rejeté et la couverture relevée suggèrent l’instant d’une absence fugitive. La cheminée blanche dépeint, quant à elle, une étrange quiétude, où des objets, comme des légumes fraîchement déposés devant l’âtre ou une poêle abandonnée, évoquent un silence lourd de signification.
 
Un autre motif récurrent est la figure d’un personnage nu, souvent l’artiste elle-même, plongée dans une introspection silencieuse, regardant mélancoliquement par une fenêtre ouverte ou se contemplant dans un miroir comme dans Couple nu au miroir, sur papier peint fleuri. Ces moments pris sur le vif de la vie quotidienne témoignent d’une réflexion sur l’existence. Cette même démarche se retrouve dans les différents portraits qu’elle réalise de ses proches, comme Jean Follain ou Alain Cuny, ou des anonymes rencontrés lors de ses voyages. Dinès réussit à saisir des instants où ses sujets semblent comme absorbés dans leurs pensées comme dans Portrait d’homme à la pipe.
Ses natures mortes, transforment l’ordinaire en scènes énigmatiques, où l’innocence des objets se mêle à une atmosphère dérangeante. Certains de ses paysages, où les symboles étranges se multiplient, sont à la frontière du surréalisme.
Vues de l'exposition
Œuvres

  • MADELEINE DINÈS, Le lit défait aux pantoufles rouges, Circa 1930
    MADELEINE DINÈS
    Le lit défait aux pantoufles rouges, Circa 1930
    Huile sur toile
    Oil on canvas
    64,7 x 100,5 cm
    25 1/2 x 39 5/8 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Rideau vert, c. 1930
    MADELEINE DINÈS
    Rideau vert, c. 1930
    Huile sur isorel
    Oil on plywood
    35 x 27 cm
    13 3/4 x 10 5/8 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Cheminée blanche, c. 1930
    MADELEINE DINÈS
    Cheminée blanche, c. 1930
    Huile sur toile
    Oil on canvas
    65 x 50.3 cm
    25 5/8 x 19 3/4 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Portrait d’homme à la pipe, c. 1940
    MADELEINE DINÈS
    Portrait d’homme à la pipe, c. 1940
    Huile sur toile
    Oil on canvas
    61 x 46 cm
    24 x 18 1/8 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Nature morte aux moules / Pots de cyclamens, Circa 1940
    MADELEINE DINÈS
    Nature morte aux moules / Pots de cyclamens, Circa 1940
    Huile sur toile
    Oil on canvas
    35,2 x 45 cm
    13 7/8 x 17 3/4 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Portrait d’homme (Alain Cuny), c. 1940
    MADELEINE DINÈS
    Portrait d’homme (Alain Cuny), c. 1940
    Huile sur carton
    Oil on cardboard
    45,3 x 33,4 cm
    17 7/8 x 13 1/8 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Reflet de nu à la fenêtre dans un miroir, c. 1930
    MADELEINE DINÈS
    Reflet de nu à la fenêtre dans un miroir, c. 1930
    Huile sur toile
    Oil on canvas
    55 x 46 cm
    21 5/8 x 18 1/8 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Le billard, c. 1950
    MADELEINE DINÈS
    Le billard, c. 1950
    Huile sur toile
    Oil on canvas
    65 x 81 cm
    25 5/8 x 31 7/8 in
    Courtesy of Pavec
  • MADELEINE DINÈS, Bouquet aux épis de blés et feuillages, c. 1950
    MADELEINE DINÈS
    Bouquet aux épis de blés et feuillages, c. 1950
    Huile sur isorel
    Oil on plywood
    46 x 38,2 cm
    18 1/8 x 15 in
    Courtesy of Pavec