FEUILLES

MORTES

JACQUES PRÉVERT

Du 05 février au 21 mars 2020

Prolongation jusqu'au 11 juillet 2020

«Jacques Prévert est l’ami intime des fleurs vivantes 1  », Henri Matisse 1948.

 

Jacques Prévert né le 4 février 1900. Dès son plus jeune âge il s’intéresse aux artistes,  découvre les Impressionnistes ou le « rouge si rouge » de Van Gogh qui le bouleverse.

 

Dans les années 1920, 54 rue du Château, à Montparnasse, il devient « celui qui rouge de cœur 2 » invente le terme de cadavre exquis comme membre fondateur du surréalisme, aux cotés de Yves Tanguy, Marcel Duhamel, Alberto Giacometti, Max Ernst…

Prévert commence à écrire et sera ensuite le scénariste et dialoguiste de grands films français des années 1935-1945 : «Le Quai des brumes», «Les Enfants du paradis» et «Les Portes de la nuit» de Marcel Carné, «Le Crime de Monsieur Lange» de Jean Renoir.

 

Le lien entre Jacques Prévert et les arts est incontestable ; il se lit dans ses ouvrages et ses textes, entre poésie et critique d’art. Dès 1939, A Saint-Paul-de-Vence, Jacques Prévert se lie d’amitié avec Picasso, Chagall, Braque, Miro, Bonnard, Calder, Matisse tous entourés des Maeght et d’artistes plus confidentiels d’art brut. Plus tard, Prévert côtoie certains membres de Cobra comme Asger Jorn ou de la Figuration Narrative.

 

A coté de ses écrits, paroles de chansons, dialogues ou de sa poésie, Jacques Prévert met au point une œuvre visuelle importante et remarquable : collages, dessins, manuscrits illustrés, planches dessinées pour des scénarios, Ephémérides.

À partir de la fin des années 1950, installé Cité Véron avec Boris Vian, il met en place un protocole tout à fait singulier : les Ephémérides enluminées. Faisant office d’agenda, il y inscrit son emploi du temps, ses rendez-vous et quelques pensées. Influencé plastiquement par ses rencontres artistiques, et plus particulièrement celles de Picasso et Miro, il orne ses feuillets d’une puissante palette de couleurs avec des fleurs, toutes différentes, réalisées au feutre, aux pastels et aux crayons de couleurs.

 

Les Ephémérides sont, par leur douce répétition, une œuvre délicate et joyeuse qui dévoile toute l’initmité de son auteur. Ils sont les images du temps qui passe, chaque Ephéméride faisant d’une fleur et d’un ensemble de rendez-vous une journée unique.

Jacques Prévert, derrière cette série pleine de candeur, n’annonce-t-il pas les oeuvres protocolaires et conceptuelles des années 1960 - telles que celles d’On Kawara - ou l’un des enjeux fondamental de l’art de la seconde moitié du XXème siècle : le souhait de lier l’art et la vie.

 

Dédicace de Matisse à Jacques Prévert, Noël 1948, dans la Revue Verve, vol. VI, n°21 et 22, œuvre de Matisse, Vence, 1944-48

André Breton, Dictionnaire abrégé du surréalisme, Paris, Galerie des Beaux-Arts, 1938. En référence à l’activisme et la sensibilité toute picturale de Jacques Prévert.