ROBERT MALAVAL

JOKER

Du 21 février au 23 mars 2019

«La seule ligne que je puisse me trouver, c’est une ligne en zigzag.» R.M

Eleveur de vers à soie, mondain mauve, météore noir, Robert Malaval était l’une de ces comètes insaisissables laissant une trainée complexe de peintures, dessins, écrits, sculptures, enregistrements sonores, performances, installations et utopies urbaines.

Robert Malaval était le Joker. Embrassant tout, en zigzagant.

 

La galerie Pauline Pavec est très fière d’inaugurer son nouvel espace avec une micro-rétrospective de Robert Malaval. Des œuvres majeures entre 1958 et 1980 seront entremêlées, toutes exceptionnelles, certaines jamais exposées au coeur d’une galerie.

Mage blanc, peintre pailleté, campeur/rockeur, punk en blouson titubant, ROBERT MALAVAL le JOKER. 

Autopsie du corps blanc de MALAVAL

 

Malaval un jour traversa l’œuvre sans se soucier de la direction à prendre. Il voulait marcher sur la tête. Jaillissement de là-haut : une petite lune, toute blanche, à répandre, sur toile, sur texte, sur tout, sur toi. Sur nous… surtout. Aujourd’hui, toujours fraiche — mi-fromage mousseux, mi-matière mouvante — goutez là.

Pour les délicats du palais (il en existe encore plein des sous-régimes), voici les allergènes intimes de la substance. À consommer sans modération. Dépassant la dose prescrite.

Promis / J’avale.

 

  • L’aliment blanc c’est :

 

Voir les choses en face — dans leur plus simple appareil

Un surplus de monde

La matière première

De la substantifique moelle

Ce qui déborde du cœur de Malaval

Une nourrissante épingle à accrocher au regard

De la pure perte

Une part maudite

Derrière le Nord

Un organisme indépendant (de tout — y compris de l’artiste même)

Glanure de vent, promesse de tout ce qui est invisible

Un chant de Maldoror

Les larmes du joker

Une procédure inhabituelle

Du sang d’ancre 

La cristallisation comme dit Stendhal

Des points d’ancrage au réel : du liant entre toi et la vie

La mousse qui pousse au corps de l’œuvre

Sacré

Lunatique

 

  • L’aliment blanc ce n’est pas :

 

Voir la vie en rose

Renoncer

Un travail alimentaire

La période bleue de Malaval

Du rock

Une économie artistique

Du matérialisme

Une procréation divine

Visé juste

Issu de la physique et des mœurs

Le contrat d’un hiver

Des engelures

Un excès de vitesse

Un mode opératoire

Des cellules mortes : ongles, rognures, cheveux secs, dents cassées, belles âmes

Des sentiments confus

Une excroissance imaginaire

Une tumeur

Salé

Lunaire

 

 

 

LEXIQUE ALIMENTAIRE

 

 

1°/ Les verbes de l’aliment blanc :

 

Ecrémer / mousser / pousser / reverdir / élever / disperser / condenser / s’embuer / répandre / jaillir / faire voir / manger (saint)

 

 

 

2°/ Les noms de l’aliment blanc :

 

Nacre / coque — île / rose amère / edelweiss / soleil d’hiver / traces (d’un roi sans divertissement) dans la neige / de l’écume / sperme, sueur : toutes les liquidités / blanc d’œuf, en neige / racines externes / stalactites / cristallin / propagation / l’écho / juste un souffle (épais)

 

 

 

 

3°/ Les adjectifs de l’aliment blanc :

 

Vaporeux / venteux / céleste / ailé / moite / vertical / contagieux

Boris Bergmann, Autopsie du corps blanc de Malaval, 2019