ART BASEL PARIS: JACQUELINE LAMBA
À l’occasion d’Art Basel Paris 2026, la galerie Pavec, est heureuse de présenter, dans le secteur Premise de la foire, un projet monographique inédit consacré à Jacqueline Lamba (1910-1993), figure singulière et encore insuffisamment reconnue de la peinture du XXème siècle.
Six mois avant la rétrospective qui lui consacrera le Musée Cantini à Marseille, la galerie réunit trois toiles monumentales de la série des Sources, réalisées entre 1967 et 1986 et provenant directement de la succession de l’artiste, gérée par sa fille, Aube Elléouët-Breton. Présentées ensemble pour la première fois dans le cadre d’une foire internationale, ces oeuvres majeures seront à nouveau réunies dans la future rétrospective marseillaise.
Longtemps reléguée à l’ombre du surréalisme et envisagée à travers sa relation avec André Breton, Jacqueline Lamba fait aujourd’hui l’objet d’une relecture critique qui réaffirme l’autonomie et l’importance de son oeuvre. Son exil à New York pendant la Seconde Guerre mondiale marque un tournant décisif. Au contact d’un nouvel environnement artistique et en dialogue avec Jackson Pollock, Arshile Gorky, Alexander Calder ou encore Lee Krasner, elle développe un langage pictural toujours plus libre, assimilant l’échelle monumentale, la liberté gestuelle et l’intensité chromatique de l’abstraction américaine émergente tout en préservant la dimension lyrique et spirituelle qui caractérise sa pratique.
De retour en France, la série des Sources constitue l’aboutissement de cette évolution. Déployées sur des formats monumentaux, ces œuvres se présentent comme de vastes champs vibratoires de lumière et de couleur en constante transformation. Lamba y élabore une synthèse singulière entre la charge visionnaire héritée du surréalisme et l’expansion formelle de la peinture américaine d’après-guerre. L’abstraction n’y est ni purement formelle ni simplement gestuelle: elle devient cosmologique, médiation sur l’origine, le mouvement et les forces invisibles qui structurent à la fois la nature et l’expérience intérieure.
Ces recherches s’enracinent dans un rapport intime et presque physique à l’eau. Avant même sa carrière de peintre, Jacqueline Lamba travaille comme ballerine aquatique, et de nombreuses photographies la montrent au bord de la mer ou immergée dans des piscines. Cette fascination irrigue profondément la série des Sources, développée alors qu’elle séjourne régulièrement à Simiane-la-Rotonde, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les paysages calcaires, les résurgences, les miroitements et les transparences de l’eau nourrissent directement son imaginaire pictural.
Ces peintures ne décrivent pas un paysage; elles en restituent les dynamiques physiques et sensorielles. Les formes, souvent ovales ou circulaires, évoques les zones de concentration, tandis que leurs périphéries plus instables suggèrent des phénomènes de diffusion et de transformation. Travaillant par couches successives, laissant agir les coulures, dépôts et reprises, Lamba fait de la toile un milieu traversé de flux et d’équilibres. L’automatisme hérité du surréalisme y subsiste, mais profondément transformé : il ne s’agit plus d’explorer l’inconscient, mais de saisir les dynamiques et phénomènes de formation lente et continue qui animent le monde naturel.
Cette série est également indissociable du voyage que Jacqueline Lamba entreprend avec David Hare dans l’Ouest et le Sud-Ouest des États-Unis en 1946. Elle y découvre les cultures amérindiennes, notamment hopi et navajo, dont les conceptions du monde reposent sur des systèmes dynamiques de forces et d’équilibres, souvent organisés autour de structures circulaires. Les Sources font ainsi écho aux structures centrées et mouvantes des sandpaintings navajo, où le visible demeure indissociable de forces invisibles et où la forme apparaît comme le résultat d’un processus en devenir. Mêlant héritage surréaliste, abstraction américaine et pensée cosmologique, cette série donne naissance à une peinture de flux où se rencontrent matière, énergie et perception.
Conçu spécialement pour Art Basel Paris 2026, le stand est pensé comme un espace immersif et contemplatif, offrant au public international une occasion rare d'appréhender pleinement la dimension physique, sensorielle et méditative de ces œuvres monumentales. À travers ce projet monographique inédit, la galerie Pavec entend mettre en lumière un chapitre décisif mais encore insuffisamment exploré de l’œuvre de Jacqueline Lamba et contribuer à réaffirmer l’artiste, non comme une figure périphérique du surréalisme ou la muse de Breton, mais comme une peintre transatlantique majeure et visionnaire, dont l’œuvre dialogue pleinement avec les transformations de l’art d’après-guerre entre Paris et New York.
