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Les voyages de Marie-Renée Chevallier-Kervern en 1955-1961 : huiles, papiers déchirés, étoffes cousues
Nadia Podzemskaia & Lorenzo VinciguerraMarie-Renée Chevallier-Kervern (1902-1987), après des débuts artistiques à Amiens et Paris, s’installe en 1936 à Brest, où son mari est nommé architecte de la Ville et s’engage activement au sein de la Société des Amies des Arts. Amie de Marguerite Sérusier, Max Jacob, Jean Deyrolle et Charles Estienne, elle reste après la Libération dans la ville anéantie. À distance de la scène artistique parisienne, elle évolue de manière très indépendante et originale, en contribuant à l’histoire de l’abstraction d’après-guerre par un corpus immense constitué d’huiles, de gouaches, de dessins à la plume et au fusain, d’ardoises gravées, que de papiers collés et déchirés ainsi que d’étoffes cousues. La période 1955-1961 est dans ce sens cruciale : c’est alors qu’elle peint ses tableaux les plus représentatifs et commence à réaliser ses collages et ses étoffes cousues, en contribuant au langage artistique de son époque en dialogue avec Bissière et Manessier, mais aussi Le Moal, Tal Coat, Tapiès, Burri. Dans l’article, nous essayons d’éclairer la relation entre les moyens d’expression auxquels l’artiste a recours à cette époque avec ses voyages en Italie, Allemagne et Espagne.